Mission Vietnam mars-avril 2017

Missionnaires : Pauline Garel & Jérôme Moriceau

27 Mars au 9 Avril 2017

Accueil
L’accueil et la prise en charge pendant le séjour ont été parfaite. Notre quotidien a été facilité depuis notre arrivée à l’aéroport ainsi que pour tous les transferts vers l’hôpital où se déroulait la formation.
Le Pr Thanh et les étudiants ont été très soucieux de notre bien être et de notre confort avec beaucoup de petites attentions quotidiennes.
Après quelques réticences de l’équipe de l’hôpital orthopédique, notre venue et la formation a ensuite été très bien acceptée.

Formation pratique
L’ensemble des formations pratiques et théoriques ont eu lieu à l’hôpital orthopédique (CTO). Cette structure possède 9 salles d’interventions uniquement consacrées à la chirurgie orthopédique. Il existe également un autre bloc opératoire d’urgence de 7 salles sur un autre étage. Le lieu se prête très bien à la formation où de nombreuses ALR périphériques peuvent être réalisées. Nous accompagnions entre 6 et 12 ALR chaque matin. Au total, 70 blocs réalisés sur la mission.

Une salle d’accueil de 9 postes avec la possibilité de surveillance (3 postes) permettait la réalisation des ALR.

Les anesthésistes exerçant habituellement dans cet hôpital maitrisent déjà bien la pratique des ALR échoguidées. Nous leur avons juste apporté quelques conseils sur l’hygiène, le choix des aiguilles, les indications des blocs et la toxicité des AL. 2 anesthésistes faisaient parti du groupe d’étudiants pour la mission.

Les autres étudiants venaient d’autres hôpitaux de Saïgon et de Can Thõ. Il avaient tous des bases de sonoanatomie et une certaine pratique de l’ALR échoguidée. Ils avaient cependant besoin d’accompagnement pour progresser dans la réalisation des blocs.

A leurs demande nous avons encadré et posé 4 cathéters périverveux, cependant la surveillance et la formation dans les services est insuffisante. Les 4 cathéters ont été retirés dans un délai inférieur à 24h. Dans ce contexte nous avons proposé l’utilisation de dexaméthasone en alternative.

Les conditions d’hygiène médiocres initialement ont été bien améliorées ensuite. Utilisation de protèges sonde, bétadine, gants stériles par contre l’hygiène des mains reste perfectible.

Formation théorique
Une salle a proximité du bloc opératoire permettait la réalisation des cours.
Les étudiants qui avaient bénéficié du module 1 ont continué à travailler après la mission 1. Les demandes étaient donc plutôt une formation avancée que débutante.

Les cours réalisées étaient les suivants :

  • ALR du membre inférieur
  • ALR du membre supérieur
  • Hygiène et adjuvants
  • Pharmacologie, toxicité des AL et complications de l’ALR
  • Blocs de pied
  • Anesthésie, analgésie périmédullaires, apport de l’échographie
  • Voies veineuses centrales sous échographie
  • TAP bloc

Les étudiants étaient assidus et posaient des questions pointues. Les anesthésistes de l’hôpital orthopédique ne participant pas à la formation assistaient au cours en fonction du programme opératoire.
Les étudiants présents étaient pour la plupart enseignants ou destinés à l’être.

Un examen consistant en 30 QCM à été réalisé le dernier jour.

Perspectives
Étant donné l’accueil et l’intérêt porté à la formation il semble nécessaire de continuer le programme. Une valorisation par un diplôme de type DIU semblerait adaptée.
Pour les prochaines missions, la formation pourrait se dérouler en 2 étapes, une première dans ce même hôpital pour continuer la formation sur l’ALR périphérique. La 2e semaine pourrait se dérouler sur un autre site pour la réalisation de TAP, paravertébraux et PECS…
Il est probable qu’après cette formation les étudiants formés puissent à leur tour former leurs collègues.

Mission Laos décembre 2016

Compte rendu de mission AFRASE  VIENTIANE décembre 2016

Notre mission s’est déroulée du 3 décembre au 17 décembre 2016. Elle était composée des Docteurs Vanessa PLE, J-Jérôme RANNOU ainsi que d’André JOUBEL technicien bio-médical de l’AFRASE. Nous avons pris nos quartiers dans la guest-house SOUPHAPHONE après un voyage sans encombre sur Vietnam Airlines.

L’équipe au complet
L’équipe au complet

Au cours de notre mission nous sommes allés tous les matins au bloc et avons assuré tous les après-midi, sauf 2, les cours du module 3. Les 2 autres après-midi nous avons  réalisé sur mannequin des ateliers  avec description des blocs au membre supérieur et inférieur ainsi qu’abdominaux facilités par l’excellente échogénicité du « volontaire ».

Lors  de cette mission Photivanh aura assuré la traduction et n’aura pas donné de cours. Il aura par contre supervisé plusieurs blocs.

Photivanh supervisant l’anesthésie d’un enfant
Photivanh supervisant l’anesthésie d’un enfant

Chacun des 6 étudiants a réalisé  au minimum 10 blocs axillaires et fémoraux.  Certains auront réalisé en plus des blocs inter-scaléniques (2), sus-claviculaire (1), infra-claviculaire (1), plexus cervical superficiel (1), blocs ilio-fascial, blocs distaux à l’avant-bras (1) et à la cheville (1). Complété de 2 ponctions veineuses périphériques chez l’adulte.

Nos cours se sont terminés par un contrôle de connaissance le vendredi 16 décembre. Les résultats ont été remis à Vincent Compère.

L’évaluation qcm
L’évaluation qcm

Enfin Vanessa PLE a participé, et même clôturé,  en tant qu’orateur  le congrès annuel des anesthésistes laos en présentant l’intérêt de l’acide tranéxamique chez le patient poly-traumatisé qui s’est tenu le 10 et 11 décembre et auquel le reste de l’équipe AFRASE s’est jointe. Des intervenants sud-coréens, japonais et thailandais complétaient le tableau international de ce congrès

Présentation de Vanessa PLE
Présentation de Vanessa PLE

Les constats :

–          D’un praticien à l’autre le niveau varie, ce qui est plutôt normal.

–          Le niveau de chaque praticien est variable pour un bloc donné au cours de notre mission : un jour très bien, le lendemain très mauvais. Ce qui nous a inquiété.

–          La demande de blocs complexes est parfois forte alors que les blocs simples ne sont pas assimilés.

–          Globalement le nerf est trop souvent négligé. L’anatomie fonctionnelle est ignorée sans vrai désir de l’intégrer.

–          Les blocs ne sont pas testés et les délais ne sont pas respectés avant d’envoyer en salle. Peu d’anticipation dans l’organisation.

–          Les doses maximales d’anesthésique local sont ignorées, ne sont pas calculées et donc peu respectées. Les réinjections de complément sont faites sans  tenir compte des doses et des délais à respecter. L’effet additif de la toxicité lors de l’association d’anesthésique local  n’est pas clairement connu.

–          Il n’y a pas de surveillance postopératoire du réveil des blocs.

–          L’hygiène de l’acte échographique est à priori bien intégré. Par contre l’attention à  l’hygiène du patient à son arrivée au bloc, pour n’évoquer que ce problème, est déplorable.

–          Manque de rigueur : pour exemple erreur de membre à anesthésié (membre supérieur au lieu de membre inférieur), méconnaissance des indications opératoires (pas de dossier lors de la réalisation de l’anesthésie)

 

Les correctifs que nous avons tenté de mettre en place :

–          Reprise de chacun des praticiens à son niveau: retrouver et identifier facilement chaque nerf en « prenant l’ascenseur » avant la ponction. Ponction en douceur à l’écoute du patient. Injection par l’opérateur du bloc sans intervenant supplémentaire pour percevoir la difficulté d’injection. Complété d’un cours sur la manière d’éviter de blesser le nerf en rappelant la structure du nerf, ponction, suivi de l’aiguille, toxicité locale, hyperpression, nerf malade. Nous avons insisté, au cours de nos 2 ateliers  et en per opératoire sur la nécessité de connaître l’anatomie fonctionnelle en ouvrant les livres d’anatomie.

–          Les blocs complexes n’ont pas immédiatement de place dans ce contexte. Le livre d’ALBRECHT (Manuel Pratique d’anesthésie locorégionale échoguidée Elsevier Masson) est offert  et pourra leur permettre  de les réaliser à la demande.

–          La nécessité de tester les blocs 20 minutes au minimum,  après réalisation est réaffirmée après un nouveau cours sur la pharmacologie ainsi que sur la toxicité, dont additive. On a calculé des doses maximales en fonction du poids et de l’âge au cours d’exercices. D’autre part nous avons insisté sur la nécessité de contrôler chaque territoire nerveux sensitif, musculaire et profond  en les rappelant.  Nous avons insisté sur la nécessité de réaliser les blocs en moins de 10 minutes.

–          Visite postopératoire à 16 heures des patients anesthésiés le matin permettant de s’assurer de l’état d’analgésie.

–          Cours sur l’hygiène : celle du matériel d’échographie, de la peau, du patient en préopératoire. Evocation de l’antibio-prophylaxie . Celle pratiquée dans l’établissement n’est pas adaptée et semble dépendre du chirurgien

–          Nécessité de regarder le dossier du patient et de demander au chirurgien en cas de doute. Ne pas se fier uniquement à ce qui paraît évident.

 

Enfin, nous avons pu rencontrer le directeur de l’établissement qui connaît l’intérêt de l’échographie dans le  cadre de l’anesthésie locorégionale et auquel nous avons demandé, à la requête de Photivanh,  qu’il soit partie prenante au renouvellement des machines.  Nous avons d’ailleurs constaté que l’une des sondes linéaire de 50 mm présentait de nombreux éléments piezo-électriques défectueux altérant de manière importante l’image.

 

Merci à l’AFRASE pour  la confiance sans cesse donnée.

 

 

 

 

 

 

 

 

CR AG septembre 2015

Compte rendu assemblée générale AFRASE
(18 septembre 2015)

Présents : J LeHouelleur, C Cuby, H Mariès, J Moriceau, V Compère, F Picart, JJ Rannou, B Fabre, G Lorre, E Gaertner, F Alizadeth

Généralités

Elections nouveau trésorier : Sandrine Compère (Vote favorable à l’unanimité)
Election nouveau secrétaire : Patrick Frémanger (Vote favorable à l’unanimité)
Bilan comptable (septembre 2015): + 3720 euros

Matériel Biomédical

Enorme travail encore cette année d’A Joubel et N Le Roux pour le recueil, la centralisation et le transfert de matériel biomédical au Laos via un container qui est parti début septembre.

Bilan 2015

Laos

2015 : 3 missions (mai/septembre/novembre)+ mission organisationnelle en janvier.
La mission du mois de janvier a consisté à organiser avec O Phantaly, Phothyvanh et les hôpitaux provinciaux les missions de formation des MAR de province à Mittaphab. Les stages des médecins laotiens seront supportés par les hôpitaux provinciaux. Le retour d’H Maries et de F Picard sur la première mission du mois de mai est très bon en ce qui concerne les aspects organisationnels et sur la motivation des collègues venant de province. Phothyvanh est resté un peu en retrait sur les enseignements. De plus, les internes n’ont pas du tout participé aux cours. C Pham Dang est actuellement entrain de réaliser la deuxième mission. La dernière sera assurée par J Moriceau et P Frémanger en novembre. C Cuby précise l’importance d’homogénéiser le contenu pédagogique non seulement entre les missionnaires mais et surtout avec ce qui est enseigné par Phothyvanh. La pertinence d’un document de synthèse reprenant les fondamentaux de l’ALR est évidente.

Cambodge

Mission universitaire en juillet 2015 par V Compère qui a permis de déceler une nouvelle dynamique au sein de l’université de santé et aussi au niveau des MAR impliqués dans l’enseignement et plus particulièrement Neg Pathy, NOP Bunthea, CHAN Sobunarith SAY Sarith, EM Savoeun. Borine est quant à lui beaucoup plus en retrait.

Vietnam

Voici un compte rendu de la rencontre de V Compère avec Mme Nguyen (coordinatrice anesthésie réanimation sud Vietnam)
Etat des lieux :Mme Nguyen (ancienne chef de département) est à la retraite hospitalière mais reste en charge au niveau universitaire de tout l’enseignement postuniversitaire au niveau de Saigon (qui possède deux universités de médecine). Elle a de ce fait une bonne connaissance des réseaux internationaux. Au niveau des relations internationales et notamment avec la France, il existe un DU d’anesthésie réanimation avec l’hôpital Bichat, partenariat créé de longue date avec le Pr Desmond et qui continue avec le Pr Montravers. Ce DU exclut l’enseignement de l’ALR.
L’enseignement de l’ALR est dispensé au niveau international par deux équipes américaines (NYSORA et ?) depuis une petite dizaine d’année sous forme de missions ponctuelles (1 par an). Ces missions sont à destination de tous les médecins anesthésistes, et pour Mme Nguyen, peu productives car ciblant une population trop large, qui sur la période d’enseignement n’arrive pas à pratiquer suffisamment pour pouvoir ensuite utiliser l’ALR dans leurs structures. Elle est donc demandeuse de changer l’approche afin de former complétement quelques médecins ciblés qui seront ensuite les futurs formateurs en ALR.
Projet :
• durée : 3 missions annuelles de 2 semaines pendant 2 ans
• nombre étudiants : 4
• Lieu de la formation pratique : hôpital 115 (10 cas par jour) et l’hôpital orthopédique (cas +++ car hôpital de traumatologie de Saigon). Mme Nguyen a une préférence pour l’hôpital 115 pour des raisons organisationnelles car d’expérience, elle sait que dans l’autre hôpital, il existe une réelle difficulté avec les chirurgiens pour anticiper les ALR.
• Matériel : possibilité d’avoir deux appareils d’échographie sur place (un sonosite et un GE)
• Enseignement théorique : salle de cours au sein de l’hôpital
• Logistique : Mme Nguyen prend en charge tous les coûts logistiques liés à la mission incluant notamment les frais de traduction, les coûts du déjeuner et de déplacement entre l’hôtel et l’hôpital
• Contrainte administrative : il faut fournir 2 mois avant la mission, la photocopie des passeports, un CV, une autorisation d’exercice de l’anesthésie ainsi que le programme de la mission.
• Elle souhaite par ailleurs travailler sur la formalisation du partenariat tripartite notamment sous la forme de la création d’un DU en relation avec l’université de Rouen. D’ailleurs, il y aurait une possibilité de réaliser cette convention avec l’ensemble des universités du Vietnam. Elle a de très bons contacts avec ses homologues du Nord qui seraient très intéressés d’après elle, par ce type de partenariat.
Congrès : un congrès dont la date n’a pas été fixée encore aura lieu en fin d’année. Comme nous en avions convenu, j’ai proposé qu’Henri puisse présenter l’AFRASE et ses résultats au Laos. Elle avait une réunion du comité d’organisation l’après midi même pendant laquelle elle devait soumettre cette proposition. A cette occasion, elle m’a présenté au comité dont le président est le vice directeur de l’hôpital 115 et chef de département d’anesthésie, très peu francophone, mais qui m’a informé de son souhait de travailler avec nous.
Perspectives
• Sollicitation des bailleurs de fonds à la recherche de soutien financier. V Compère soumet à l’approbation des membres un document à destination des mécènes. Un set de diapos va être formalisé rapidement et sera mis à disposition de chacun permettant de présenter le travail de l’AFRASE.
• Création d’un support écrit reprenant les différentes techniques d’ALR qui serait ensuite traduit dans les différents langues. Pour le Laos, Phothyvanh pourrait être le traducteur de ce document. E Gaertner propose d’interroger Elsevier pour savoir dans quelle mesure cet éditeur serait susceptible de transférer son copyright vers ce document à destination des pays d’Asie du Sud Est
• Laos : 3 missions en 2016 pour conforter l’enseignement à destinations des MAR provinciaux. C Cuby propose que cette mission soit en partie consacrée à une évaluation/enseignement sur chaque site (LuangPrabang, Savanaketh et Paksé).
• Vietnam : les membres de l’AFRASE valident le projet de partenariat avec un début des missions dès le mois de janvier
• Cambodge : une mission avec comme objectif la formation initiale des internes dans le cadre du laboratoire de simulation de l’université de PP.

Missions 2016

Vietnam

• Janvier : JJ Rannou/C Herich (à confirmer)
• Mars : E Gaertner/C Cuby
• Novembre : F Picart ? A Huy ?

Laos

• Janvier : ML Thibault/ E Tith
• Mars : ?
• Novembre : ?

Cambodge ?

Mission au Laos novembre 2015

Rapport de mission AFRASE novembre 2015

J.Moriceau et P.Frémanger

Comme toujours l’accueil et la prise en charge de Photivan sont parfaits.

D’un coté technique, la maitrise de la sonde, la visualisation de l’aiguille, la manipulation, l’injection est assez bonne pour les étudiants des province. Souliya étant celui qui maitrise le mieux. Pour les étudiants de Mittaphab,, Mme Khanthavone, s’intéresse, apprend, nécessite encore d’être accompagnée mais c’est plutôt bien. Pour Bountham et Viengkhong la maitrise de l’échoALR n’est pas là, Vietgkhong est nettement moins motivé que les autres stagiaires .
Les repères de sonoanatomie pour les blocs standards sont connus mais parfois imprécis. Nous leur apportons quelques précisons et astuces mais le travail réalisé lors des précédentes missions a été très utile et bien assimilé.

La formation pratique dans la salle de réveil est parfois réalisée par Photivanh, d’autres fois par nous même. La barrière de la langue est assez problématique car à par un qui parle anglais les autres ne comprennent ni français ni anglais. Il est assez difficile de leur donner des conseils en l’absence de Photivanh. 64 blocs réalisés au total, Souliya 12, Visouda 10, Bouthongsay 14, khanthavone 12, Viengkhong 7, Bountham 9.

Pour la formation théorique, après la vérification des acquis nous réalisons le programme de la mission 3, des révisions de sonoanatomie, un rappel poussé sur les AL et la toxicité avant de finir par une évaluation. Les résultats de l’évaluation sont très bon peut être grâce à Photivanh lors de la traduction. Nous n’avons pas réalisé de cours spécifiques sur la pédiatrie en dehors de l’adaptation des doses toxiques.
Les notions de toxicité sont connues mais sous estimées, d’autant plus qu’ils utilisent un mélange bupivacaine xylocaine et qu’ils font de la pédiatrie ou des Laotiens assez maigres. Le concept de réduction de dose et ou de concentration grace à l’échoALR ne semble pas acquis.

Photivanh a également parfaitement réalisé un cours théorique sur les complications de la rachianesthésie. Il reste un blocage que nous n’avons pas réussi à identifier pour que Photivanh assume l’ensemble de la formation en ALR au Laos. Peut être un manque de légitimité, pas d’ordre de mission, notre présence ? On nous dit que notre venue permet de donner plus de valeur au diplôme obtenu.

L’hygiène reste un problème important, la sonde est bien protégée par un gant changé à chaque patient. L’interface écho/patient est réalisée par la bétadine. Par contre, il n’y a absolument aucune hygiène des mains. Les solutions hydroalcooliques sont inexistantes, aucun essuie main n’est disponible auprès des lavabos.

Une autre difficulté est l’absence d’échographe dans les hôpitaux provinciaux. Ils n’ont qu’un neurostimulateur. Nous avons donc réalisé quelques blocs sous neurostimulation seule. On constate rapidement qu’ils ont moins d’expérience dans ce domaine. La réalisation est plus difficile.

Il sera indispensable d’insister à nouveau sur l’hygiène et la sécurité (toxicité des AL, surveillance post- ALR…) lors des prochaines missions.

Pour cette promotion, l’apport des prochaines missions d’un point de vue pratique et théorique risque d’être modeste. Peut-être faut-il associer un objectif secondaire comme l’organisation au sein du bloc opératoire, le fonctionnement et l’utilisation de la salle de réveil, l’épargne transfusionnel, la préparation et l’anticipation des effets secondaires ou autre ?
L’apport d’un infirmier anesthésiste pourrait également se révéler utile à l’avenir.

Coté tourisme, le week-end à Luang Prabang est une pause très agréable dans un écrin de verdure.

Mission au Laos septembre 2015

Rapport mission Septembre 2015, Vientiane Laos
Charles Pham Dang

Dès Mardi 14/09 j’ai dû améliorer les conditions d’asepsie de l’ALR échoguidée qui s’éloignent trop de l’acceptable : gants d’examen non stérile pour protéger la sonde, ponction à travers du gel non stérile, pas de gant stérile, pas de port de masque pendant la rachianesthésie. La proposition qui a été adoptée est la suivante : gel non stérile sur la sonde avant de couvrir avec un gant non stérile, Bétadine sur la peau pour remplacer le gel non stérile. Le gant sur la sonde est changé avant chaque acte. Les préservatifs ne sont plus utilisés par manque de crédits. Les gants stériles et gel stérile seront sortis pour canal carpien à faire à un ancien Professeur de Faculté de Médecine LAO: blocs écho-guidés tronculaires médian + ulnaire avec complément sous cutané pour le nerf musculocutané.
Les médecins sont demandeurs et actifs (cf. la liste d’actes répertoriés) sauf le Dr Viengkhong qui semble avoir un manque d’intérêt pour les blocs nerveux périphériques sous échographie. Il fait bien ses rachianesthésies, mais disparaît dès qu’il faut faire un bloc nerveux périphérique sous échographie. En plus, c’est un personnage bougon, ce qui n’arrange pas l’affaire. Il est cependant très cordial en dehors du travail. J’ai parlé avec Phothivan de ce problème. Il m’a promis de le prendre en main. C’est nécessaire car il fait partie de son équipe. Il ne peut pas tout le temps téléphoner aux collègues pour faire des blocs. Quant au Dr Bountham très discret, il n’en fait pas plus, toujours en train de regarder son iphone. Il fait sa rachianesthésie. Il fait quelques blocs sans trop de mal mais avec un désintérêt renversant. C’est vrai, il y a l’âge.
La situation du médecin de Luangprabang est curieuse. Le Dr Souligna est en cours de formation aux blocs nerveux échoguidés et avec neurostimulation. Mais il ne dispose pas de neurostimulateur dans son service. Il va retourner dans sa province et ne pourra faire que des rachianesthésies. Nous avons essayé de faire ensemble quelques blocs ilio-fasciaux. Malheureusement, le contrôle échographique a montré que nous avions injecté en fait dans le muscle. Chez un patient, l’aiguille était sur le nerf fémoral. Donc, je ne lui ai même pas conseillé de faire ce bloc à son retour à Luangprabang.
Si on pouvait lui envoyer par voie postale un neurostimulateur à l’adresse suivante en attendant les échographes promis pour Novembre(?) ce serait divin. Il pourrait travailler. Il travaillera.
Nguyen Dinh Cuong
BP 57
Luangprabang, Laos

Je découvre aussi qu’il n’y a pas de trousse ou chariot d’urgence pour traiter un accident toxique systémique de l’AL : pas de cordarone, un flacon d’intralipid 20% périmé depuis Fevrier 2015 dans le frigo au bureau de Phothivan. Pour la prochaine mission, quelques poches d’Intralipid 20% seront bienvenues. C’est une denrée rare par ici. A signaler, les anesthésistes utilisent beaucoup de bupivacaïne.
Je demande à l’équipe LAO de vérifier si la morphine qu’ils utilisent pour Rachianesthésie est bien sans conservateur. Affaire à suivre.
Les activités ALR sont variées. Nous faisons pas mal de bi-blocs pour membre inférieur (B.fémoral ou B.iliofascial associé à Rachianesthésie), et B.interscalénique + B.axillaire pour l’extémité supérieure de l’humérus. Les occasions n’ont pas manqué pour leur montrer des B.infraclaviculaires pour traumatisme du coude trop douloureux à mobiliser et surtout supraclaviculaire comme alternative au B.interscalénique associé au B.axillaire pour traumatisme de l’humérus. Les médecins en formation ont œuvré. Pas de retard dans le programme orthopédique. Le recrutement à Mittaphab est très formateur. En province, il n’y aura pas le même recrutement.
La mission finit ce Vendredi le 25/9 sur une anesthésie pour césarienne de la nièce de Viensavanh. Il s’agit d’une Eurasienne de 100Kg qui a présenté une paraparésie de début de grossesse de courte durée. Dans ses ATCD on retrouve un ancien traumatisme du rachis lombaire ayant entraîné quelques tassements de vertèbres lombaires contre-indiquant la Rachianesthésie. Avec le Dr. Souligna, nous avons réalisé un TAP bloc bilatéral avec de la ropivacaïne à 3,75 mg/ml, 15 ml seulement dans chaque côté (pas envie de finir la mission sur une convulsion). Du même point de ponction nous avons injecté 10 ml sur le plan transverse postérieur et 5 ml sur le plan transverse antérieur de chaque côté. Ensuite une anesthésie générale classique (Propofol + Rocuronium + IOT). Un garçon bien né. Séances de photos du petit prince. La maman n’a pas souffert.
En ce qui concerne la formation théorique, les cours ont été dispensés par le missionnaire tous les après-midi sur demande de Phothivan. Traychit n’est pas venu à l’enseignement comme prévu. Le programme 2 surligné par Phothivan a été bouclé y compris le cours sur la pose de voie veineuse centrale sous échographie. Phothivan pose des cathéters jugulaires pour dialyse en collaboration avec le néphrologue de l’hôpital. Ce dernier a compris l’intérêt de l’échographie. Il fait systématiquement appel à Phothivan. Une démonstration a eu lieu devant les médecins en formation.
RM : je fais beaucoup de progrès en LAO. Les souvenirs enfouis depuis 45 ans ont resurgi.
Vientiane, le 26 Septembre 2015
Charles Pham Dang

Mission au Laos Janvier 2016

Compte Rendu Mission Laos Janvier 2016

Jean-Jérôme Ranou & C.Hirisch

Début de la mission le mardi 05 janvier en raison d’un important retard aérien. Très bien accueillies par Photyvanh, nous nous rendons à l’hôpital Mittaphab. Premier staff et prise de contact avec les 6 étudiants du programme. L’enseignement sera scindé le matin avec la pratique au bloc opératoire et l’après-midi avec les sessions théoriques d’enseignements.

Dès la première journée, nous constatons que les acquis sont déjà bons. Les conditions d’hygiène pour la réalisation des ALR sont respectées, même si il faut parfois rappeler que le port du masque comprend le nez. Cette première matinée nous permet la réalisation de 7 ALR (4 blocs fémoraux – 1 bloc ilio-fascial – 1 bloc sciatique – 1 bloc ilioinguinal). Nous constatons que les connaissances anatomiques sont bonnes, mais que le maniement dans l’espace de l’aiguille reste à améliorer, surtout à proximité du nerf. Les rachianesthésies sont effectuées pour la plus part par les internes qui s’acquittent avec succès de cette tâche.

Un premier patient pédiatrique (enfant de 11 ans – 30 kg) nous permet de réviser les doses toxiques des anesthésiques locaux.

L’après-midi de cours est très interactif, avec un public attentif et la possibilité de faire de l’échographie sur mannequin (tout le monde se prête au jeu !) permet d’illustrer parfaitement le cours qui vient de se dérouler.

Mercredi 06 janvier, après un staff où nous discutons notamment de la disponibilité des produits sanguins labiles pour une patiente ayant un taux d’hématocrite trop faible pour envisager la chirurgie avant une transfusion, nous débattons sur l’analgésie. Il est alors décider de réaliser chez cette patiente un bloc analgésie à la ropivacaine associé à la déxaméthasone  en intra-veineux. En cette deuxième matinée, où nous jonglons entre français, lao et anglais, nous assistons à la réalisation de 11 blocs (4 blocs axillaires – 5 blocs fémoraux – 1 bloc saphène – 1 bloc sciatique). Les blocs sont bien réalisés dans l’ensemble, mais toujours une tendance à l’injection très près (trop près !) des nerfs, ce qui nous vaut nos premières exclamations de mécontentements (Notre nouveau slogan : « Needle Not In The Middle!!). L’après-midi de cours reprend les bases notamment sur l’anatomie des nerfs pour souligner l’importance de nos remarques du matin.

Jeudi 07 janvier, discussion sur l’utilisation de l’acide tranexamique en cas de chirurgie hémorragique, ce d’autant que ce médicament est disponible à l’hôpital Mittaphab.  La matinée voit la réalisation de 10 ALR (2 blocs interscaléniques – 4 blocs axillaires – 4 blocs fémoraux). Réalisation en in plane appliquées, avec des élèves très motivés pour certains.Cours sur les ALR pour les blocs du membre inférieur l’après-midi. Toujours beaucoup d’interactivité !

Vendredi 08 janvier, dicton du jour « Vendredi = Petit Samedi ». En effet, programme opératoire très modéré. Trois blocs réalisés ( 2 blocs axillaires – 1 bloc fémoral). Certains des étudiants gagnent vraiment en autonomie et réalisent sous nous yeux des blocs parfaitement menés. L’après-midi de cours est annulée pour permettre aux étudiants et à nous même de « profiter » du week-end ! Certains étudiants provinciaux partent voir leur famille. Pour notre part, nous choisissons de rester à Vientiane afin de découvrir la ville.

Lundi 11 janvier, nous proposons que ce soit les étudiants qui posent les indications des blocs à la place de Photyvanh, pour vérifier les acquis. Beaucoup de chirurgie ce jour, mais la matinée passe vite (4 blocs fémoraux – 1 bloc sciatique), les chirurgies sont longues et nous quittons le bloc pour déjeuner en laissant le médecin de garde se charger du reste.

Après midi de cours, avec notamment les blocs du tronc chez l’adulte et l’enfant. Etudiants studieux et quelques bons fou-rires !

Mardi 12 janvier, nous revenons encore et toujours sur l’injection intra-neurale…Mais, la pédagogie, c’est l’art de la répétition ! L’empressement lors de la réalisation est en parti responsable des difficultés. 10 blocs sont réalisés au cours de la matinée, dont un part Photivanh à qui nous n’avons plus rien à apprendre, mais qui apprécie notre aide pour la réalisation d’un bloc infra-claviculaire pour un chirurgie complexe du coude ( 4 blocs fémoraux – 2 blocs axillaires – 2 blocs interscaléniques ). Petit topo « au lit du malade » sur le bloc interscalénique, l’anatomie et ses complications.

Mercredi 13 janvier , toujours beaucoup d’entrain de la part des étudiants. Les internes en anesthésie eux aussi observent beaucoup les ALR et posent des questions. L’aisance progressant, les étudiants se guident mutuellement pour leurs blocs. Réalisation de 8 ALR ce jour (4 blocs axillaires – 3 blocs fémoraux – 1 bloc interscalénique). L’exécution est de plus en plus précise, de moins en moins d’injection intra-neural. Tout le monde progresse !

Cours l’après-midi notamment sur les abords veineux centraux. Convainquant, mais le matériel est si cher que l’occasion d’utiliser ce matériel est bien rare.

Jeudi 14 janvier Peu d’interventions programmées ce jour, nous comptons sur les urgences…qui n’arrivent pas… Réalisation de 2 blocs fémoraux ce jour. L’après-midi porte sur une révision des cours que nous avons vus sur cette session à la demande des étudiants. L’anxiété monte vis-à-vis du contrôle des connaissances du lendemain. Nous les rassurons.

Vendredi 15 janvier. Nous organisons avec l’aide de Photivanh un petit déjeuner « à la française », croissants et pains au chocolat frais sont un succès ! Dernière révision et blocs ! De l’assurance et de l’autonomie, nous faisons le bilan des progrès réalisés lors des ces 2 semaines. 5 blocs réalisés (3 blocs axillaires- 1 bloc fémoral – 1 bloc iliofascial).

L’après-midi, test des connaissances. Touchant tout le programme, Photivanh les traduits en lao pour plus de fluidité. L’évaluation se déroule bien, les notes sont très satisfaisantes, s’échelonnant de 15/20 à 20/20.

Toutes ces journées ont été ponctuées de nombreux café « Dao » en salle de réveil, de savoureux repas le midi, avec une mention spécial pour le Lap traditionnel Lao.

L’accueil de tous est exemplaire et cette mission fut un plaisir, que nous espèrons partagé.

AG 19 septembre 2014 : Adieux du Président

Sans tomber dans le mélodrame vous devez vous douter que ce n’est pas sans émotion que je passe la main à notre ami le Professeur Vincent Compère.

Tant d’années, exactement 8 depuis 2006, partagées avec vous médecins missionnaires, au Cambodge d’abord et ensuite au Laos, ça ne s’oublie pas !

Que de générosité, d’humanité, d’implication dans ce partage de vos connaissances mises à la portée de nos collègues khmers et laos,

J’ai dit implication : le sérieux de la préparation des cours enseignés à l’université ou dans les hôpitaux et de votre accompagnement de nos collègues dans l’apprentissage des techniques de l’ALR ne mérite que des éloges.

J’ai dis générosité : non seulement vous avez sacrifié aux missions des activités professionnelles libérales ou hospitalières, des vacances bien méritées, une présence familiale, mais de plus participé voire pris en charge les frais de vos missions que l’AFRASE n’était plus en mesure d’assurer.

J’ai dis humanité : la qualité de vos relations humaines, écoute, compréhension, patience a fait de vos élèves des amis.

Je tiens à vous exprimer, mes amis ici présents et absents, ma reconnaissance pour votre collaboration et participation à ces années de missions partagées avec vous en ASE.

Je passe sans état d’âme mes pouvoirs et obligations à Vincent dont j’ai pu apprécier tant ses qualités humaines et son expertise pédagogique que son engagement dans notre ONG.

Jacques Le Houelleur

Quelques photos de Jacques en mission :

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CR AG du 19 septembre 2014 : l’AFRASE change de Président

Liste des présents et représentés recensés :

Dr Elisabeth Gaertner, Dr Alain Huynh, Pr Vincent Compère, Pr Claude Ecoffey, Dr Jacques Le Houelleur, DrJean Jérôme Rannou, Dr Jérôme Moriceau, Dr Henri Mariés, Dr François Picart, Dr Nicole Le Roux, Daniel Tremblot de Lacroix, MC Laurent, Dr Pierre Dao, Pr George Casanova, Dr Heng, Catherine Lotigie, Denis Berteau, Dr Fremanger, Dr Véronique Van Straaten, Dr Marie Laure Thibault, Dr Louis Jean Dupré dont 11 membres du Bureau sur 14.

Le quorum étant atteint la séance est ouverte à 12 h 30

En accord avec la majorité des Membres du Bureau, le Dr Le Houelleur propose le Pr Vincent Compère à sa succession à la Présidence de l’ONG AFRASE.

Proposition adoptée à la majorité absolue des présents et représentés.

Le rapport moral, réalisation des projets proposés à l’AG 2013 pour le 2 émie semestre 2013 et le 1er semestre 2014, présenté par le président sortant est approuvé par la majorité absolue des présents et représentés.

Le rapport financier, comptabilité des 2 ème semestre 2013 et 1er semestre 2014, présenté par le trésorier Bertrand Fabre, est approuvé à la majorité absolue des présents et représentés.

Projets évoqués pour 2015 :

Cambodge mission de 15 jours de participation à l’enseignement du certificat spécial d’anesthésie réanimation de l’Université.

Laos misions mixtes Vientiane hôpitaux Mahosot Mittaphab et hôpitaux de province :Champasak…voir uniquement focalisées sur la province…

Misions Anesthésie, réanimation, analgésie…

Missions au Vietnam après état des lieux et appréciation des besoins ?

L’AG se termine à 14 h après un listing des volontaires pour les prochaines missions.

Pr Vincent Compère                                                                                           Dr Bertrand Fabre
Président de l’AFRASE                                                                                      Trésorier de l’AFRASE