14ème mission Muse Dr Eric Buy

                       Cr Dr Eric Buy mission Muse à l’Hôpital Kossamak

Description du service d’anesthésie-réanimation et des urgences

Equipement  global  du bloc opératoire

Le bloc opératoire comporte 5 salles d’opérations dont quatre fonctionnelles, la cinquième est une salle pour les petites urgences.

En  ce qui concerne la distribution des fluides, seul l’oxygène est disponible. Il n’y a ni aspiration murale, ni air comprimé, ni protoxyde d’azote. La distribution de l’oxygène n’est pas continue. Le pourcentage d’oxygène n’est pas connu, ni contrôlé.

L’électricité est installée dans toutes les salles, mais il n’existe pas de groupe électrogène ou batteries de secours. Les coupures de courant sont fréquentes et de durée variable.

Des lavabos sont présents dans les sas d’entrée des salles. Ils ne sont pas entretenus. Le lavage chirurgical des mains se fait avec de l’eau non filtrée.

Le matériel d’anesthésie

Chaque salle est équipée d’un respirateur type Monnal avec moteur électrique. Un seul d’entre eux est équipé d’une cuve d’halothane. En cas de coupure de courant les patients sont ventilés manuellement avec un ballon. Dans plusieurs salles, on note la présence d’extracteur d’O2 en cas de panne de la distribution centrale d’O2.

La surveillance cardio-respiratoire est assurée par des moniteurs HP type MERLIN. Mais les câbles ECG, brassards à tension, ou capteurs de saturation en O2 sont souvent défectueux.

Il n’y a ni analyseur de gaz ni capnomètre au bloc. 

Médicaments disponibles

Anesthésie : Thiopental, Kétamine, Fentanyl, Norcuron, Halothane

ALR : Xylocaïne, Marcaïne Hyperbare

Analgésie : Paracétamol (PO), Kétorolac, Morphine absente*

Antibiothérapie prophylactique: Flagyl, Ciflox, Ceftriaxone

Les techniques d’anesthésie utilisées

Anesthésie générale 

Les techniques d’anesthésie générale sont celles développées en milieu difficile. C’est-à-dire l’anesthésie intraveineuse par réinjection de Thiopental ou de Kétamine.  La ventilation assistée en circuit ouvert entraîne un coût élevé en dépense d’oxygène et surtout  l’utilisation minimum  des  gaz halogénés pour l’entretien de l’anesthésie.  Ceci dit on remarque une grande habilité des anesthésistes pour  manier ces techniques d’anesthésie par réinjection IV. 

Anesthésie loco- régionale

L’anesthésie locorégionale est limitée essentiellement à la rachianesthésie.  Mais les anesthésistes suivent les formations de l’Afrase sur les différentes techniques d’anesthésies locorégionales. Néanmoins l’absence de matériel et l’absence de Marcaïne isobare limitent l’utilisation de ces techniques.

La salle de réveil

La salle de réveil sert, avant toutes choses, d’entrepôt au matériel tombé en panne. Le local est mal entretenu, les surfaces sont poussiéreuses.

3 postes de surveillance HP « Merlin » avec monitorage de la SAO2 sont installés. Mais les capteurs et les câbles sont souvent défectueux. Il y a 2 respirateurs fonctionnels (Monnal et Osiris).

La surveillance postopératoire des patients reste essentiellement clinique. Ceci est acceptable pour les patients sous rachianesthésie. Les techniques d’anesthésie générale par réinjections intraveineuses ne permettent pas toujours une extubation précoce. La surveillance d’un patient intubé, ventilé nécessite au minimum un monitorage hémodynamique fiable et la surveillance de la saturation. La sécurité des patients est fortement dégradée par l’absence de maintenance du matériel et le manque chronique des dispositifs comme les câbles ECG, brassards de tensiomètres ou encore  les capteurs SAO2.

Lors de mes deux visites de la salle de réveil, je n’ai vu aucun patient y séjourner, aucune infirmière ne paraissait être affectée à la salle de réveil.

Au total pour l’anesthésie :

Pour la chirurgie urologique, la chirurgie générale sous ombilicale, la chirurgie gynécologique et la chirurgie orthopédique des membres inférieurs,  la rachianesthésie semble la technique la plus utilisée à juste titre : elle est la moins coûteuse et nécessite une surveillance postopératoire minimum (clinique).

Pour les interventions orthopédiques des membres, l’enseignement des techniques d’ALR par l’Afrase devrait permettre une prise en charge peu coûteuse, nécessitant également une surveillance postopératoire minimum.  Le problème est la disponibilité du matériel (aiguilles de neurostimulation), des anesthésiques locaux à durée prolongée (Bupivacaïne, Ropivacaïne).

Pour les autres chirurgies, les médecins anesthésistes font au mieux ! Les techniques d’anesthésie générale par réinjections intraveineuses successives paraissent appropriées aux équipements disponibles peropératoires et postopératoires.  

La pratique de la chirurgie du rachis dans ces conditions ne peut que susciter l’admiration des médecins occidentaux.

Néanmoins les chirurgiens ont dû renoncer à certaines chirurgies lourdes comme la chirurgie de l’œsophage ou la chirurgie thoracique pour des raisons d’absence de compétence anesthésique (intubation sélective) et d’insuffisance du plateau technique postopératoire.

La prise en charge de la douleur postopératoire

La prise en charge de la douleur postopératoire est quasi-inexistante. Les antalgiques de classe 1 (paracétamol et anti-inflammatoire) sont disponibles mais peu utilisés. Ceux de classe 2 ou de classe 3 (morphine) sont inexistants ou indisponibles. L’analgésie locorégionale n’est pas pratiquée.

Tout reste à faire. Les anesthésistes ne semblent pas encore sensibilisés par l’importance de la gestion de la douleur dans le processus de soins.

L’unité de soins intensifs

Cette unité comporte deux salles dont une climatisée qui vient d’ouvrir. Deux unités de 5 lits de réanimation polyvalente, 3 respirateurs et des moniteurs cardiorespiratoires « Merlin » sont disponibles. On note la possibilité récente de faire de la ventilation non invasive.

Le Dr So Saphy dirige et s’occupe médicalement de l’unité. Des médecins de garde assurent la continuité médicale 24h/24h. Ces médecins ne sont pas  anesthésistes-réanimateurs mais possèdent des compétences en réanimation même si le niveau paraît peu élevé. 3 ou 4 infirmières sont affectées  à la réanimation.

Les patients admis sont :

          Les polytraumatisés dont ceux nécessitant une surveillance neurologique rapprochée ou une ventilation mécanique.

         Les patients postopératoires devant être ventilés.

         Les patients présentant un sepsis grave (péritonite).

         Les urgences médicales: décompensation respiratoire (BPCO, infection pulmonaire grave), hémorragie digestive grave…

La seule technique de suppléance disponible est l’assistance respiratoire mécanique. Il n’y a pas d’air comprimé ni de vide. Les antibiotiques sont utilisés de façon probabiliste. Aucun soin infirmier n’est protocolisé.

Les résultats sont à la mesure des moyens: si un patient est intubé pour une défaillance viscérale…il meurt dans la plupart des cas.

La famille accompagne le malade durant son hospitalisation. Elle le nourrit, le lave, le masse. La promiscuité est maximale. L’hygiène est déplorable mais s’améliore grâce au travail de Céline, interne d’anesthésie-réanimation, qui a introduit l’utilisation des solutions hydro-alcooliques.

Le service des urgences

Le service des urgences est le pilier central du recrutement de l’hôpital Preah Kossamak. Il accueille essentiellement des polytraumatisés, accidentés de la route. Il alimente le service d’orthopédie et de neurochirurgie. L’hôpital  Kossamak reçoit aussi des urgences de chirurgie générale et gynécologie, des urgences de gastro-entérologie et de pneumologie.

Locaux

Les patients sont admis avec leur famille dans une salle commune de 50 m2. Ce local peut accueillir jusqu’à 6 patients environ. Les locaux sont peu entretenus, la promiscuité est maximale. Le manque d’hygiène est un réel problème. L’absence d’ascenseur empêche le transfert des patients  vers les services spécialisés situés en étage. Ceci entraîne une accumulation des patients aux urgences.

Accueil.

Des médecins généralistes prennent des gardes. Leurs connaissances de la médecine d’urgence semblent limitées. Le médecin de garde examine le patient, fait le diagnostic. Les orthopédistes, neurochirurgiens, chirurgiens généralistes, ou médecins spécialistes sont appelés pour avis. Les données cliniques sont notées dans le dossier.

Matériel d’urgence

Il n’y a pas de chariot d’urgence. Un défibrillateur fonctionnel est disponible, ainsi qu’un laryngoscope. Les médicaments nécessaires  au traitement d’ACR (adrénaline) ne sont pas disponibles.

Transfusion

La distribution de sang est centralisée. Le produit le plus utilisé est le sang total. Le prix est 80 USD par flacon. Le flacon est gratuit si un membre de la famille donne son sang en échange.

Le plateau technique

Biologie: accès 24h/24 à un bilan biologique minimum et au groupage du patient. Pas de RAI.

Bactériologie: actuellement les prélèvements sont envoyés à Pasteur. Il existe un projet de laboratoire de bactériologie.

Radiologie: il existe un service de radiologie avec 2 salles de radiographie standard. Pas d’appareil mobile pour les radiographies au lit du malade. Un appareil d’échographie neuf a été acheté par l’hôpital.

Scanner : l’absence de scanner dans l’hôpital pose un réel problème pour les patients polytraumatisés. Cet examen est disponible dans le secteur privé ou à l’Hôpital Calmette. Les neurochirurgiens exigent à juste titre un TDM cérébral pour opérer. Un scanner sans injection coute 90 USD et un scanner avec injection 120USD. Ce prix est inaccessible pour la plupart des familles cambodgiennes.

Transport: Le touk-touk est le moyen de transport et de transfert des patients et ce quelque soit leur état !

Proposition d’action en Anesthésie, aux soins intensifs et aux urgences.

Quatre axes majeurs pour notre action :

         L’hygiène: un hôpital propre, des mains propres.

         Maintenance active du matériel: du matériel simple, fiable que l’on peut réparer sur place.

         Former le personnel sur place: de la femme de ménage au médecin.

         Durabilité économique de nos actions.

Bloc opératoire et salle de réveil :

Mesures immédiates :

         Hygiène et nettoyage des locaux (travailler avec ARAS).

         Contrôle de la stérilisation.

         Maintenance du matériel (projet atelier biomédical).

         Fournir des câbles ECG, tensiomètres, capteur SAO2 pour augmenter la sécurité des patients.

         Soutenir l’action de l’AFRASE pour développer l’ALR.

         Améliorer la prise en charge de la douleur postopératoire: établir des protocoles postopératoires tenant compte de la disponibilité des médicaments et autres DM.

         Rationaliser l’utilisation péri opératoire des antibiotiques.

Thématiques secondaires :

         Faire évoluer les techniques d’anesthésie générale: dans l’état actuel des équipements, les seules améliorations possibles seraient:

o       l’introduction du Propofol pour l’anesthésie intraveineuse (problème de coût à étudier) qui permet des réveils rapides.

o      Développer les techniques d’anesthésie mixte: anesthésie générale et péridurale ou bloc périphérique.

Soins intensifs :

         Mise place de protocoles de soins de base de réanimation.

         Formation de premières infirmières (chargée d’enseigner dans le service ces protocoles).

         Mise en place d’une formation pour les médecins (voir avec Dr Fabienne Plouvier).

 

 

Service des Urgences

         Travail sur l’hygiène.

         Mise en place d’un chariot d’urgence.

         Mise en place de protocole d’évaluation des polytraumatisés.

         Arbre décisionnel pour l’indication des scanners.

         Améliorer la sécurité des transports inter-établissement.

         Formation des médecins et infirmiers à la gestion de l’arrêt cardiaque ou autres.

         Formation d’une équipe mobile pour les urgences intra hospitalières, mise en place d’un système d’alerte.

 

NB : Opportunité de la présence d’un interne urgentiste lyonnais de mai à Novembre

14ème mission conjointe Afrase/Muse: CR J. Le Houelleur

                                                     Mission du 14 au 28 Mars 2009

  

Le but de ma mission était dans un premier temps de piloter l’ONG MUSE de l’Hôpital Américain, dont je suis un des fondateurs, dans sa prise de contacts avec l’Hôpital Preah Kossamak et différentes instances officielles du Cambodge.

 

Ensuite je devais rejoindre mes collègues de l’AFRASE, les Dr Dominique Rapidel et Christophe Berranger en mission d’enseignement de l’ALR  et reprendre langue avec les différentes instances diplomatiques, universitaires et hospitalières concernées par nos activités.

 

La délégation de Muse se devait de faire à l’Hôpital Kossamak une expertise des lieux avant de proposer son assistance dans certains domaines ciblés tant médicaux que chirurgicaux.

Cette délégation était donc composée d’un médecin interniste et d’un pédiatre, d’un chirurgien digestif, d’un gynéco-obstétricien, d’un anesthésiste réanimateur, d’un cadre infirmier et de la secrétaire de MUSE.

 

Le samedi 14, les délégations de MUSE et de l’AFRASE se retrouvent à l’embarquement du vol pour Phnom Penh.

 

Le dimanche 15, accueil à l’aéroport de Phnom Penh par l’organisme de tourisme ASPARA et par une délégation de Médecins sous la conduite du Dr Ku No, médecin anesthésiste participant à notre formation d’ALR.

 

Le lundi 16, accueil très « officiel » à l’Hôpital Kossamak de MUSE, discours de bienvenue, présentation remarquable par une ONG lyonnaise et les chefs de services, de l’activité hospitalière et des projets de développement.

Première visite partielle de lieux.

L’après-midi rencontre à l’Ambassade de France avec l’ambassadeur et le directeur de la coopération culturelle.

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Les jours suivants seront partagés entre les visites des services hospitaliers de Kossamak mais aussi des Hôpitaux Calmette, National Pediatric et Khméro-Russe.

Première prise de contact de la délégation de MUSE avec le directeur de la Coopération Technique Médicale, le Pr Mouzard, à l’Université des Sciences de la Santé.

Réception d’une délégation de MUSE à l’Ambassade Américaine.

En fin de journées, réunions de synthèse de nos « états d’âme » et

préparations des journées suivantes.

 

En parallèle avec le Dr Eric Buy, expertise des locaux et matériels disponibles, du personnel médical et para médical, des responsables administratifs pour préparer et localiser la structure chirurgicale la plus apte à recevoir une mission de chirurgie thoracique en novembre 2009.

 

Le vendredi 20, la délégation de MUSE s’envole dans l’après-midi pour Siem Reap et je retrouve la mission de l’AFRASE, les Dr Dominique Rapidel et Christophe Berranger pour les entraîner en week-end sur les plages de Kep avec la complicité et l’intendance de Mr et

Mme Duc (du Réga Home).

 

Du lundi 23 au Samedi 28 se succèdent les rencontres avec les chefs de services et les directeurs des hôpitaux de Calmette, National Pediatric et Khméro Russe pour discuter en particulier de la création et implantation d’un Atelier de Maintenance et de la formation de Bio techniciens locaux. Accueil très favorable à nos propositions qui n’en résout pas les incidences financières. .

 

Réception par son Excellence le Ministre des Affaires Etrangères pour lui présenter notre ONG AFRASE et solliciter sa reconnaissance officielle par les autorités du Cambodge.Cette requête a reçu son aval. Les démarches administratives sont lancées.

 

Réception par le Conseil d’Administration de l’Institut de Technologie qui prend note de notre projet de création d’un Atelier de Maintenance et évoque la possibilité d’ouvrir une

filière biotechnique dans son enseignement.

 

Une matinée de participation à Calmette à l’apprentissage de l’ALR, la vérification des carnets de Stage et des registres de service (en particulier ceux du National Pédiatric et de Calmette), le niveau des réponses à une séance de quiz (remarquablement préparée et dirigée par Christophe Berranger) m’ont permis d’apprécier la progression très sensible des connaissances acquises par les médecins en ALR et de l’utilisation de celles-ci aux blocs opératoires.

 

De cette mission, on peut tirer les conclusions suivantes :

 

                        Bonne intégration de l’ONG MUSE au Cambodge suivie d’engagement à sa prise en charge de projets très ciblés concernant le bloc opératoire, la salle de réveil, la réanimation.

                        Bénéfices très sensibles de l’enseignement de l’ALR. qui augure bien de l’émergence de Médecins Praticiens et Formateurs dans cette discipline.

                        Prise en compte par les décideurs de la nécessité de création d’un Atelier de Maintenance pérenne.

                        Si la nécessité de la création d’un Atelier de Maintenance et la formation de bio techniciens cambodgiens font l’unanimité chez les administratifs et les chefs de services intéressés, son financement et sa localisation ne sont toujours pas assurés.

 

Jacques Le Houelleur

 

 

14ème mission: Dr Dominique Rapidel – Dr Christophe Berranger

                                                Mission  du 14 au 28 mars 2009

 

 Dimanche 15/03 : arrivée avec le Dr Le Houelleur et la mission de l’hôpital américain à Phnom Penh. Retrouvailles avec la famille de Mr Duke au « Rega Home ».

 

Lundi 16/03 : Rencontre de CB et DR avec le Pr Tan Sokhak à Calmette pour préciser  les conditions de notre séjour. Nous découvrons avec plaisir le cahier de bloc et les nombreuses locorégionales désormais couramment réalisées à Calmette hors la présence des missions. Un des anesthésistes a d’ailleurs réalisé ce matin-là un bloc sciatique-fémoral pour un lambeau de jambe.

Remise de matériel d’anesthésie et réanimation au Pr Tan Sokhak. Il est convenu avec elle que nous nous concentrerons sur l’hôpital Kossamak (K) et Khméro-Soviétique (K-S). Les cours des modules 7 et 8 auront lieu l’après midi à Calmette alors que les stagiaires seront encadrés en 2 groupes le matin par CB et DR à K et au K-S.

Cours sur les blocs de la face l’AM.

Mme Tan Sokhak « déplore » l’absentéisme au cours théoriques et « exige » que les étudiants soient présents au cours. Sur 15 inscrits nous aurons en moyenne entre 2 et 4 absents, ce qui n’est, somme toute, pas si mal.

 

Mardi 17/03 : CB va à K où nous retrouvons le Dr So Saphy. Nous encadrons la réalisation d’un bloc sciatique par voie latérale et fémorale par les stagiaires. Activité du bloc faible ce matin là. Nous constatons également que Céline, interne en réanimation a fait un travail remarquable d’organisation de la « réa » de K, avec tenue de dossier patient, une unité de patients « lourds », une unité de patients type « surveillance continue ». Le respirateur à turbine que nous avions remis en route l’an dernier est « spontanément » utilisé par l’équipe. Le service est « propre » avec une unité de fabrication de solution hydro alcoolique, temporairement arrêtée, faute de trouver du glycérol (problème en instance d’être réglé). Il reste, bien évidemment, dans le domaine de la réanimation encore beaucoup de chemin à faire…

DR va au K-S, mais en raison de l’opération « smile », les stagiaires vont au National Pédiatrique, où DR est impressionnée par l’organisation du bloc (pas d’attente, les enfants endormis rapidement, etc…)

Cours sur l’analgésie intra articulaire et par infiltration l’après midi.

 

Mercredi 18/03 : Pose d’une péridurale à la Bupi pour une hystérectomie. Réussite de la technique, mais mauvaise organisation qui conduit à convertir en AG, car le chirurgien n’attend pas l’installation de la péri! Discussion avec les stagiaires autour des délais d’installation et de l’anticipation des anesthésistes, conditions indispensables à l’acceptation de la technique par les chirurgiens et dans le même temps de l’indication (pourquoi ne pas faire une rachi !!). Puis faute d’autre indication opératoire, un patient est vu en consultation pour bénéficier le lendemain d’une ostéosynthèse mandibulaire sous AG avec analgésie par bloc mandibulaire. Puis retour à K où DR à fait pratiquer plusieurs blocs aux stagiaires et CB montre à Mme So Saphy la pose d’un KT sous clavier pour un patient de réa. Demain, il est convenu que ce soit elle qui posera le KT.

Cours sur les adjuvants aux anesthésiques locaux.

 

Jeudi 19/3 : DR va avec les stagiaires au KS pour faire un bloc mandibulaire bilatéral+ AG pour ostéotomie puis au National Pédiatrique où elle encadre plusieurs blocs (cf. rapport DR). CB va au staff de Calmette puis participe à la visite de Calmette avec l’équipe de l’hôpital américain.

Dernier cours du module 8 sur les complications des ALR (CB) et des ALR en ophtalmologie (DR).

Stagiaires prévenus du contrôle des connaissances pour le mardi suivant. Globalement bonne participation aux cours théoriques, très interactifs avec beaucoup de questions posées.

 

Vendredi 20/3 : CB va au KS pour une péridurale pour ovariectomie (kyste), bonne réalisation technique mais les règles de sécurité sont rappelées car spontanément le scope et l’oxygène étaient « oubliés ». Ensuite CB va à K car plus de programme au KS, participe à la visite clinique de la réa avec Céline et montre comment fonctionne l’appareil à ECG qu’il a ramené pour le service de réa (l’ancien ne fonctionnait plus).

DR va à K puis au National Pédiatrique (cf. rapport DR).

 

Lundi 23/03 : CB va à K, encadre 1 APD pour une ostéosynthèse de jambe et fémur (fracture étagée), 1 APD pour fracture de fémur (échec partiel dû a une probable mauvaise position du KT) et un bloc fémoral pour le parage d’une plaie de genou.

DR au KS encadre 1 APD

 

Mardi 24/03 : CB à K, encadre un bloc interscalénique pour une ostéosynthèse de clavicule (succès), un bloc fémoral pour une reprise de sepsis d’une fracture ouverte étagée du genou et de la jambe avec mise en place d’un fixateur. Nous avions contre-indiqué la rachi ou péri du fait du sepsis et n’avons pas voulu réaliser le bloc sciatique du fait de l’infiltration œdémateuse de la face post du membre inf. En revanche le bloc fémoral nous est apparu possible compte-tenu de la localisation de la chirurgie avec un complément en VS par ketamine diazepam.

Nous avons eu une difficulté avec la réalisation d’une APD pour une fracture per trochantérienne sous APD (marca 0,5+adré+fenta). Nous n’avons pas pu monter de KT ni en L2-L3 ni en L3-L4. Nous avons donc décidé d’injecter la péridurale dans l’aiguille selon les procédures de sécurité habituelle (temps opératoire annoncé par le chirurgien américain qui encadrait l’intervention 1h30).

Malheureusement au bout de 3h00 la réduction chirurgicale de la fracture n’était toujours pas obtenue et le patient avait saigné 2500 ml dans le bocal + le champ et le sol!! TA maintenue par remplissage et un peu d’éphédrine à la demande. Décision d’achat de sang par la famille (délai d’acheminement environ 2h!). Complément d’anesthésie (en décubitus latéral) par diazepam ketamine en VS. Nous prenons alors la décision de sommer le chirurgien de terminer (comme il peut!) son intervention dans les 20 min, sous peine de perdre le patient d’un choc hémorragique. Nous avons la chance d’être entendu immédiatement, il a mis 3 vis dans le grand trochanter et a fermé! Hémoglobine à 4g en salle de réveil avant la transfusion. Nous sommes bien évidemment preneur de vos avis sur la conduite anesthésique de cette intervention (fallait-il stopper plus tôt, convertir en AG dès la levée du bloc péridural, etc…).

 

Mercredi 25/03 : CB à KS, encadre 1 APD pour un kyste de l’ovaire puis 1 bloc sciatique par voie latérale et fémorale pour une fracture comminutive du plateau tibial, succès avec un complément par 5 mg de diazepam et 20 mg de ketamine. Également une rachi faite par l’IADE pour une hystérectomie. Le problème majeur au KS est la difficulté d’obtenir le monitorage ECG du fait de la rareté des électrodes de scope!! C’est un combat quotidien! DR à K (cf. rapport).

 

Jeudi 26/03 : CB à Calmette pour présenter un topo sur la prévention de la maladie thrombo-embolique en milieu chirurgical. Puis encadre un bloc fémoral + obturateur pour une greffe de peau à la face latérale interne de la jambe homolatérale (fracture ouverte avec fixateur externe). Malheureusement, nous découvrons, après, que le chirurgien modifie les broches de son fixateur externe, ce que l’anesthésiste n’avait pas évalué, donc nécessité de convertir en AG..

Nous sommes ensuite invités par les stagiaires dans un restaurant sur les bords du Mékong pour fêter la fin de notre mission et donner « officiellement » les résultats du contrôle des connaissances. Tous les stagiaires ont obtenu une note entre 10 et 15/20 (contrôle par QCM et 2 questions à réponse courte). Deux notes à 9/20 et 9,5 sur 20 ont été « remontées » à 10/20 compte-tenu du niveau pratique des candidats et des difficultés de compréhension de certaines questions.

 

Vendredi 27/03 : Peu de programme opératoire ce matin dans les différents hôpitaux du fait d’un colloque chirurgical à Kossamak. CB encadre une APD pour hystérectomie VB au KS et nous récusons une chirurgie d’exérèse de tumeur du poignet (à priori bilatérale (!??) qui n’était pas à jeun! Ensuite CB va à Calmette mais 1 seul bloc tourne pour une chirurgie abdominale. DR va au National Pédiatrique mais peu de programme là-bas également.

 

Conclusion : Nous avons pu constater un réel progrès et investissement des anesthésistes dans la réalisation des ALR. Les points importants à surveiller restent les conditions de sécurité et de monitorage de ces actes (notamment le scope et SpO2 insuffisamment réalisés surtout au Khméro-Soviétique faute de matériel de base, électrodes de scope…). Le second souci est l’organisation générale de l’affectation des stagiaires qui, faute de programme établi à l’avance (à part à Kossamak), sont incapables de nous dire la veille où il sera le plus pertinent d’aller le lendemain. Nous avons, sur cette mission, délibérément décidé de « délaisser » Calmette au profit des 3 autres hôpitaux, car le Pr Tan Sokhak, étant désormais autonome, nous semblait à même de débuter l’encadrement de ses collègues. Diplomatiquement, nous avons participé à ses staffs, en répondant, au pied levé, à sa demande de topo.

 

 

C. Berranger