12ème mission: Dr Henri Mariès – Dr Nicolas Nardi

Mission du 14 au 28 novembre 2008

 

Accueil à l’aéroport par les Dr. Ku No (Hôpital KS) et Ay Sovuth (Hôpital Kossomak) le 12 novembre, alors que c’est jour férié pour cause de fête des eaux.

Prise de contact avec Mme Tan SOKHAK le vendredi 14. Celle-ci est très demandeuse d’une évaluation dès le 1er jour, donc lundi prochain.

Après concertation avec Jacques et Claude, il est décidé qu’une évaluation sera faite en fin de cycle sur l’ensemble des modules.

Pour ne pas trop décevoir Mme Tan SOKHAK, nous décidons cependant de faire en fin de première semaine une évaluation « informelle«  sur les deux premiers modules. Nous en faisons une correction orale avec transmission écrite des réponses. Toutefois, aucune notation n’a été faite, étant précisé que l’évaluation de fin de formation sera notée.

 

Dès le lundi après-midi, nous commençons l’enseignement « théorique ». Nos étudiants sont très intéressés, au moins pour un certain nombre, mais il semble difficile de maintenir la concentration pendant les deux heures prévues, ainsi que les précédentes missions avaient pu le constater. Après un peu plus d’une heure, les étudiants se déconcentrent, et commencent de façon irrémédiable à parler entre eux (bien que le Khmer nous soit un peu hermétique, nous n’avons pas l’impression que l’ALR soit toujours le sujet des conversations…).  Ce phénomène se reproduira tous les jours…

 

Le lendemain matin et les jours suivants, nous allons alternativement Nicolas et moi avec nos groupes dans les hôpitaux Calmette et Kossomak principalement. Nous avons décliné la proposition d’aller au National Pédiatric, car ni l’un ni l’autre n’avons d’expérience en ALR pédiatrique, et de toutes façons pas plus que les médecins cambodgiens.Nous pourrons au cours de notre séjour faire pratiquer différents blocs au MS et au MI.

 

Mais nous devons faire accepter de temps en temps la simplicité d’une rachi latéralisée au risque d’un bloc combiné para lombosacré avec pour seul AL de la XYLO. Nous profiterons de notre séjour pour répéter l’intérêt et la facilité d’adrénaliner au 1/200.000 les solutions qui ne le sont pas d’origine. Le principe de calcul d’une concentration au 1/200.000 est rappelé en cours l’après-midi.

Le manque de moyen dans les hôpitaux en dehors de Calmette est criant. Manque de matériel d’ALR : il est important que les missionnaires viennent avec le nécessaire, à savoir : aiguilles à neurostimulation, anesthésiques locaux de longue durée (Naropéïne et Chirocaïne) dont l’hôpital Kossomak est totalement dépourvu (de même que de bupivacaïne), sans oublier des électrodes et des cathéters si possible. Il serait sans doute bénéfique pour le développement et la pérennisation des techniques enseignées de trouver une solution pour faire parvenir régulièrement en particulier à Kossomak et Khmero-soviètique tous ces matériels entre les missions de l’AFRASE. Contact  a été pris avec DSF (douleur sans frontière), ce pourrait peut-être être une piste, d’autant que les représentants de DSF se sont montrés très intéressés par notre programme d’ALR (complémentarités à mettre en place?).

En ce qui concerne le matériel de péridurale, le docteur Ku NO m’a signalé qu’il y en avait disponible sur le marché local. Quand il en a besoin, il le fait acheter par le patient.

Les neurostimulteurs sont en état de marche, de même que le matériel d’anesthésie fourni par l’AFRASE. Mais un neurostimulateur de secours n’est pas inutile.

En ce qui concerne le matériel biomédical, il y a, à Calmette en particulier, une pléthore d’appareils (scopes, machines d’anesthésie, respirateurs, PSE) qui sont entassés, mais manifestement non fonctionnels. Il est sûr que la mission prévue de biotechniciens sera particulièrement utile pour faire le tri, réparer, démonter pour les pièces détachées, et éventuellement jeter car certains dons sont dans un état qui fait douter d’une possible remise en fonctionnement (une question intéressante serait de savoir dans quel état ils sont arrivés au Cambodge…). Aux dernières nouvelles, le 28 novembre, l’arrivée de la  mission était annonçée pour la semaine suivante.

Sur le terrain, nous aurons l’occasion de réaliser la plupart des blocs utiles pour le MS et le MI (cf. liste ci-dessous). Notre constat est que le maniement du neurostimulateur et des aiguilles est encore en phase d’apprentissage : manque de coordination entre approche du nerf et diminution de l’intensité, et manipulation excessive en amplitude et en vitesse de déplacement de l’aiguille. Tout cela confirme un peu l’impression que la pratique après le départ des missionnaires n’est pas très soutenue, peut-être en raison d’un manque de motivation, ce que nous ne croyons pas, mais sans doute plutôt en raison du manque de matériel.

 

En deuxième semaine, Nicolas ira au National Pediatric à la demande de Tep Skha et Koy Chandara pour un bloc fémoral à la Xylo (seule disponible) avec cathéter ( nous en avions quelques uns); nous avions auparavant visité le NPH, sur la proposition des médecins.

Nous avons pu nous rendre aussi à l’hôpital Khméro-Soviètique, mais peu de blocs y  ont été réalisés, en raison du peu de patients de traumatolgie.

 

Jeudi 27 novembre, il nous est demandé notre avis sur bloc interscalénique pour amputation d’un MS gauche chez un blessé de 56 ans. Celui-ci présente depuis le milieu de la nuit précédente une ischémie. Il n’a eu que des radios d’avant-bras qui ont montré une fracture des deux os de l’avant-bras qui a été brochée. L’ischémie n’a fait l’objet que d’un écho-doppler qui montre une interruption du flûx entre la sous-clavière et l’axillaire. Il présente une volumineux hématome de l’épaule. Nous obtenons qu’un chirurgien vasculaire vienne donner un avis. Après discussion avec lui, il émet l’idée qu’un angioscanner serait interressant pour préciser le siège et la nature du traumatisme vasculaire. Celui-ci ne sera finalement pas fait, et l’amputation réalisée le lendemain se fera sous AG, car dans l’ignorance des lésions vasculaires, devant l’importance de l’hématome, et en raison de la possibilité de lésions associées du plexus brachial, nous avions contre-indiqué une ALR type BIS.

 

Blocs réalisés pendant notre séjour :

 

BIS      : 1

B. sous coracoïdien : 1

B. Axillaire : 2

B. au canal huméral : 1

B. du plexus lombaire : 1

B. fémoral au pli inguinal : 10

B. Iliofascial : 3

B. para sacré : 2

B. sciatique Labat : 2

B. sciatique rétro-trochantérien : 1

B. sciatique au creux poplité : 3

B. de complément au MI (saphène interne) : 3

 

Pour certains d’entre eux, l’indication n’était pas toujours parfaitement adaptée, mais ils ont été réalisés dans un but didactique. Une mise en garde répétée sur la nécessité de bien choisir le type de bloc, en particulier en se reposant sur une bonne connaissance de l’anatomie, afin d’éviter des échecs décourageants pour l’anesthésiste autant que pour l’opérateur.

Du matériel d’anesthésie – sondes d’intubation, masques laryngés, aiguilles de neurostimulation, guide de Frova – a été remis à Kossomak, Khméro-soviètique et National Pediatric.

 

Des raisons d’espérer :

 

Vendredi matin, alors que Mme Tan Sokhak m’avait « capté«  pour installer la nouvelle salle d’opération pour l’OPH, un de nos stagiaires lassé de m’attendre, a fait  seul le bloc axillaire prévu. Quand je suis entré dans la salle, le chirurgien avait commencé, et le patient était souriant.

 

Le docteur Ku No, de Khmèro-Soviètique, m’a raccompagné dimanche après-midi à l’aéroport. Il avait été de garde la veille. Au cours de celle-ci, il a pu faire un sciatique au creux poplité combiné à un fémoral au pli inguinal pour une fracture de cheville, il était très content du résultat. La veille, il avait pu faire une péridurale thoracique  ( Xylo-Marcaïne-Morphine) combinée à une AG pour une tumeur du pancréas (6 heures d’intervention), là-aussi très bon résultat.

 

Enfin, vendredi midi, nos stagiaires nous invitent à déjeuner de l’autre côté du pont japonais, au bord du Mékong. Après quelques bières (Angkor blonde et brune) l’ambiance s’est fortement détendue, et pour finir, était presque digne d’une salle de garde de chez nous!

 

En conclusion, nous avons donc l’impression, qui devra être confirmée par les missions suivantes, d’une part que notre formation a été bien reçue, et d’autre part que nos collègues cambodgiens veulent en faire quelque chose après notre départ, et même avant! Certains d’entre eux, dont Ku No mais il n’est pas le seul, sont au dessus du lot, méritent vraiment d’être aidés.

 

Henri Mariès, le 2 décembre 2008

 

PS : détail pratique : à l’arrivée au Rega House, la chambre que nous avions retenu par mail n’était plus disponible. Il nous est proposé une chambre au RDC avec moustiquaire trouée, sanitaires limites, pas de meuble pour ranger nos affaires, moustiquaires percées mais moustiques en abondance et climatiseur aux bruits de hord-bord. Pas de place à côté (aux jardins d’orient). Nous trouverons un logement très correct à Sothéaros, en centre ville, à l’Alibi-Hôtel, qui est une guest house tenue par une française. Ca fait un peu loin de Calmette (10-15 mn en moto-dop) mais c’est sympa d’être en plein centre ville.

 

11ème mission: Dr Xavier Paqueron – Dr François Picart

Mission du 1er au 13 juin 2008

 

 Dimanche 1 juin :

Accueil à l’aéroport par le Pr Tan Sokhak.Visite rapide Hôpital Calmette, installation au « Rega Palace ».

Lundi 2 juin :

Matin : accueil des participants à l’Hôpital Calmette. Présentation du programme des modules et de l’organisation de la présente session. Il y a 15 inscrits, tous présents sauf un (actuellement aux USA mais qui sera présent pour les prochaines formations). On définit deux groupes de 7 stagiaires, qui participeront au stage pratique le matin dans deux des quatre hôpitaux.Le choix de l’hôpital est fait la veille pour le lendemain en fonction du programme opératoire de chaque structure L’après-midi sera consacré (14 à 16 heures) aux cours théoriques des modules 1 et 2, qui se dérouleront dans une salle de STAFF de l’hôpital Calmette (Merci Pr Tan).

Matinées de stage à l’hôpital
A noter : les stagiaires ont réalisés la totalité de blocs par eux-mêmes.
Mardi 3 juin :
Stage pratique Calmette : bloc fémoral + rachi pour fracture diaphyse fémur ; BIC pour fracture avant-bras chez un traumatisé cranien sorti depuis peu de réa ; bloc combiné fémoral + subglutéal pour un pansement de jambe (fracture ouverte infectée). Rappels anatomique et technique de réalisation du bloc fémoral (réponses motrices, différences bloc fémoral, bloc ilio-fascial, mise à joint sur le 3-en-1)
Stage pratique Kossamak : bloc combiné fémoral + sciatique (Labat) pour une fracture du col du fémur ; bloc combiné fémoral + sciatique poplité latéral pour une perte de substance du pied avec greffe de peau.
Mercredi 4 juin
Stage pratique Calmette : Bloc interscalénique puis AG pour fracture luxation de l’extrémité supérieure de l’humérus ; bloc axillaire pour AMO de bras. Rappels anatomique et technique de réalisation (réponses motrices du membre supérieur) du bloc axillaire et entrainement entre les stagiaires avec le stylo pour neurostimulation percutanée au niveau axillaire (super intéressant au point de vue didactique et mémorisation des différentes réponses motrices)Stage pratique Kossamak : Bloc axillaire pour pseudarthrose des deux os de l’avant-bras ; bloc combiné fémoral + sciatique poplité postérieur pour fracture du calcanéum ; bloc axillaire pour fracture du cubitus.Jeudi 5 juinStage pratique Calmette : FP a assisté au STAFF d’anesthésie de 8 à 9 h ; puis Bloc axillaire pour cal vicieux suite à une fracture du radius (échec du traitement par médecine traditionnelle). Rappels anatomique et technique de réalisation (réponse motrices du membre supérieur) du bloc axillaire et entrainement entre les stagiaires avec le stylo pour neurostimulation percutanée au niveau axillaire, huméral et au poignet.Stage pratique Kossamak : Visite rapide de l’Hôpital National Pediatric (XP) avant de se rendre à Kossamak. Bloc fémoral pour analgésie postopératoire d’une fracture du col fémoral ; bloc fémoral + sciatique pour greffe de peau pour recouvrement d’une fracture ouverte de jambe (fixateur externe). Seul le bloc fémoral a été réalisé car le patient avait un déficit sciatique clinique, probablement consécutif au traumatisme.Vendredi 6 juinStage pratique Klossamak : bloc combiné sciatique +fémoral pour fracture de jambe ; BAX pour fracture du coude.Stage pratique Hopital Khmero-Soviet : BIS + AX pour fracture sous-capitale de l’extrémité supérieure de l’humérus droit. 3 heures de chirurgie sous ALR ! Rappel de l’anatomie du plexus brachial et de la technique de réalisation (réponses motrices du membre supérieur) du bloc interscalénique.Lundi 9 juin

Stage pratique Calmette : Bloc axillaire pour fracture complexe du coude ; BAX pour fracture du pouce. Rappel des distributions cutanées.

Stage pratique Kossamak : Bloc axillaire pour fracture de la main. Enseignement des blocs de complément au coude et au poignet pour le médian (échec du BAX pour le médian).

Mardi 10 juin

Stage pratique Calmette : Pas d’intervention.

Stage pratique Kossamak : Bloc combiné sciatique et fémoral pour fracture de jambe chez un patient âgé diabétique ; Bloc axillaire pour fracture de la main.

Garde sur Calmette : facture des deux os de l’avant bras (tiers distal) : bloc axillaire.

Mercredi 11 juin

Stage pratique Calmette : Bloc fémoral +rachi pour analgésie postopératoire d’une fracture du fémur ; 2 blocs combinés sciatique et fémoral pour fracture de jambe et ablation de clou de jambe. Complément sur le tibial par un bloc poplité latéral.

Stage pratique Kossamak : 2 Blocs combinés sciatique (voie Labat et voie latérale sous trochantérienne) et fémoral pour fracture ouverte de jambe et pour parage chirurgical d’une fracture ouverte de jambe ; Bloc poplité +saphène pour ostéite du pied.

Jeudi 12 juin

Stage pratique Calmette : STAFF du service. Topo sur les différents types de masques laryngés.

Stage Hôpital Pédiatrique : Bloc combiné sciatique (parasacré) et fémoral + cutané latéral de la cuisse pour AMO fémur chez un enfant de 12 ans. Hernie inguinale bilatérale : bloc ilio inguinal bilatéral.

Stage Hôpital Kossamak : Bloc combiné sciatique et fémoral pour lambeau cutané de recouvement suite à fracture ouverte de jambe.

Vendredi 13 juin

Stage pratique Calmette : Bloc ilio-inguinal et hypogastrique pour hernie inguinale.

Stage Hôpital Kossamak : visite de l’hôpital, car pas de programme.

Cours de l’après midi :

Première semaine : Enseignement des modules 1 et 2

Physiologie de la conduction nerveuse

Les caractéristiques des différents nerfs périphériques

La structure du canal sodique

Le potentiel de membrane

La propagation de l’influx nerveux

Pharmacologie des anesthésiques locaux

Mécanismes d’action des AL

Toxicité locale et systémique des AL

Utilisation clinique: indication, contre-indications, posologies

Règles et prévention et traitement des accidents toxiques

Deuxième semaine :

Lundi : rappels d’anatomie du plexus brachial, bloc axillaire et blocs distaux de complément du membre supérieur

Mercredi : rappel anatomique du plexus lombosacré, et bloc proximaux du nerf sciatique (parasacré, Labat, subglutéal, soustrachantérien et poplité)

Jeudi : scéance de 3 cas cliniques pour évaluation des acquis. Distribution équitable des aiguilles entre les différents hôpitaux (200 aiguilles de 25, 50 et 100 mm réparties en 5 lots).

Scéance de clôture, vendredi fin de matinée

Présents : XP, FP, Pr Tan Sokhak, Pr So Saphy, ensemble des étudiants, Dr Plouvier.

Discours de clôture par Pr Tan. Rappel de l’interêt porté par l’ensemble des étudiants aux techniques d’ALR et aux séminaires d’ALR. On rappelle également aux étudiants de réviser les cours théoriques et que les évaluations de chaque module auront lieu en début de module suivant.

Quelques remarques pour conclure

1/ L’assiduité de l’ensemble des 14 stagiaires à tous les stages du matin et aux cours de l’après-midi semble témoigner de l’intérêt porté à cette formation, et de la qualité et du sérieux de l’organisation mise en place par le Pr Tan Sokhak Présidente de la SCARMU et le docteur Nicole Roux Secrétaire Générale de l’AFRASE.

2/ Par contre, les difficultés d’approvisionnement en anesthésiques locaux représentent un frein évident au développement de l’ALR et à la pratique dans ce domaine. En effet, sur les 4 hôpitaux publics, seul Calmette a les moyens d’acheter les médicaments directement. Les trois autres hôpitaux utilisent les médicaments fournis (quasi gratuitement) par le grouvernement, et encore uniquement lorsque le gouvernement en fournit. Et il existe une liste ministérielle officielle des médicaments « reconnus comme essentiels». Par exemple, la lidocaïne ainsi que la marcaïne rachi, le norcuron ou le thiopental font partie de cette liste. Mais pas la bupivacaïne. La pathologie rencontrée concerne beaucoup le membre inférieur, alors il nous a semblé évident que sans bupivacaïne, il n’y a pas beaucoup de chance que l’ALR s’implante pour les interventions de longue durée. La proposition serait que l’AFRASE fasse du « lobbying » auprès des instances gouvernantes pour que la bupivacaïne puisse être inscrite dans cette liste de médicaments essentiels, et donc fournie gracieusement à tous les hôpitaux. Cela n’empêchera pas, par contre ,les ruptures de stocks. Il faudrait arriver à présenter et à faire considérer la bupivacaïne comme un médicament essentiel, pas uniquement pour pouvoir faire des blocs mais également pour développer l’analgésie postopératoire.

3/ L’analgésie postopératoire est un concept qui demeure plus que virtuel au Cambodge … Beaucoup à faire pour faire passer le message chez les médecins que l’ALR offre un intérêt dans ce domaine.

4/ Relations AFRASE – SCARMU – Université. Une demande est clairement formulée de la part des stagiaires et des Pr Tan Sokhak et So Saphy pour que les cours théoriques aient lieu à l’université. C’est, nous a-t’on assuré, gratuit pour les stagiaires et l’AFRASE. Pour le Pr Tan Sokhak, l’ensemble de cette formation ne peut pas s’envisager sans les trois parties.

5/ Il a été rappelé ce qui avait déjà été convenu, à savoir que l’évaluation des connaissances d’un module sera faite au début du module suivant par les missionnaires qui arriveront, sous forme de QCM essentiellement. C’est donc aux missionnaires précédents de préparer des QCM et de les transmettre aux suivants.

6/ Les enseignants Cambodgiens et les étudiants souhaitent la remise d’un certificat en fin de formation, attestant de leur réussite aux examens et à la pratique … à défaut de DU pour l’instant.

7/ L’enseignement de l’ALR de base (blocs distaux, blocs axillaire et poplité) est difficile du fait de l’absence de programme réglé et du fait de la pathologie traumatique, souvent lourde, qui conduit à des indications de blocs combinés (sciatique fémoral, ou AXIS) qui posent des difficultés d’enseignement pour des débutants. Par ailleurs le succès n’est pas toujours au rendez-vous lorsqu’on débute. Bien faire attention à gérer la déception des étudiants ! Par ailleurs, le nombre élevé de blocs combinés pose le problème de l’atteinte fréquente des doses toxiques avec les solutions non adrénalinées qui sont les seules diponibles (surtout que les cambodgiens pèsent plus souvent 40 Kg que 90). Nous avons enseigné à préparer des solutions adrénalinées (adré 5 µg/ml) pour supprimer cette limite.

 

Programme d’enseignement de l’ALR

Programme de formation à l’ALR
Faculté de Rennes – Professeur Claude Ecoffey
Pour l’enseignement des séminaires 2008/2009 et 2009/2010
Dans les hôpitaux de Phnom Penh
sous la direction de la S.C.A.R.M.U.
avec la collaboration de L’ A.FR.A.S.E .
et l’asssistance de la coopération française de l’U.S.S.


ANESTHESIQUES LOCAUX (module 1)

Physiologie de la conduction nerveuse

  • CONNAITRE :
    • Les caractéristiques des différents nerfs périphériques.
    • La structure du canal sodique.
    • Le potentiel de membrane. Le potentiel d’action.
    • La propagation de l’influx nerveux.
  • LES REFERENCES DE BASE :
    • Simon L, Mazoit JX. Pharmacologie des anesthésiques locaux. In : Traité d’Anesthésie Générale, Dalens B ed. Arnette. Partie 2 – Chapitre 8.
    • Strichartz GR, Berde CB. Anesthésiques locaux. In : Anesthésie, Miller RD ed. Médecine-Sciences Flammarion, Paris 1996 : p. 489-521.

Pharmacologie

  • CONNAITRE :
    • Les mécanismes d’action des anesthésiques locaux.
    • La toxicité locale et systémique des anesthésiques locaux.
    • L’utilisation clinique : indications, contre-indications, posologie.
    • Les règles de prévention et le traitement des accidents toxiques.
  • LES REFERENCES DE BASE :
    • Simon L, Mazoit JX. Pharmacologie des anesthésiques locaux. In : Traité d’Anesthésie Générale, Dalens B ed. Arnette. Partie 2 – Chapitre 8.
    • Mazoit JX. Mode d’action et toxicité des anesthésiques locaux. In : Conférences d’actualisation 2002. Congrès national d’anesthésie et de réanimation. Elsevier et Sfar, 2002 : p. 287-301image

PRINCIPES DE NEUROSTIMULATION (module 2)

ALR DU MEMBRE SUPERIEUR (module 3)

ALR DES MEMBRES INFERIEURS (module 4)

APD THORACIQUE, LOMBAIRE ET CAUDALE (module 5)

  • CONNAITRE :
    • Les principes anatomiques
    • Les éléments techniques
    • Les indications et contre-indications
    • Les répercussions physiologiques et la balance bénéfices-risques
    • risques et accidents (cf. complications des ALR)
  • LES REFERENCES DE BASE :
    • Eledjam JJ, Bruelle P, Viel E, de la Coussaye JE : Anesthésie et analgésie péridurale. Editions Techniques ; Encycl Méd Chir (Paris-France), Anesthésie-Réanimation, 36-325-A-10, 1993, 23 p
    • Van Steenberg A, Joos S. Anesthésie péridurale, caudale et rachidienne. In Anesthésie Réanimation Chirurgicale. Samii K ed., Flammarion – Paris, 2ème édition, 1995, p 528-53
    • Brown DL. Spinal, epidural and caudal anesthesia. In Anesthesia, RD Miller, Elsevier Ed, 6th edition, pp 1653-83
    • Cousins MJ, Veering BT. Epidural neural blockade. In Neural blockade in clinical anesthesia and pain management. MJ Cousins & PO Bridenbrough, Lippincott ; Raven, Third ed., pp 243-322
  • POUR EN SAVOIR PLUS :
    • JX Mazoit. Comment gérer la toxicité des anesthésiques locaux ? Les blocs périphériques des membres. Recommandations pour la pratique clinique. La collection de la SFAR, Elsevier 2004, 187-201
  • SITE INTERNET :

RACHI-ANESTHESIE, PERI-RACHI (module 6)

  • CONNAITRE :
    • Les principes anatomiques
    • Les éléments techniques
    • Les indications et contre-indications
    • Les répercussions physiologiques et la balance bénéfices-risques
    • Risques et accidents (cf. complications des ALR)
  • LES REFERENCES DE BASE :
    • Eledjam JJ, Viel E, de la Coussaye JE, Bassoul B: Rachianesthésie. Editions Techniques ; – Encycl Méd Chir (Paris-France), Anesthésie-Réanimation, 36-324-A-10, 1993, 18 p
    • Estèbe JP, Gentili M. Anatomie lombaire appliquée à l’anesthésie spinale. In Rachianesthésie, Samii K & Gentili M, Mason Ed. Paris 2003, pp 11-26
    • Bridenbrough PO, Greene N, Brull SJ. Spinal (subarachnoid) neural blockade. In Neural blockade in clinical anesthesia and pain management, MJ Cousins & PO Bridenbrough Ed, Lippincott ; Raven, Third ed., pp 203-42
  • SITE INTERNET :

BLOCS DE LA FACE (module 7)

  • CONNAITRE :
    • Les techniques des blocs de la face
  • LES REFERENCES DE BASE :
    • J. Pascal, M. Navez. Bloc de la face en ambulatoire. Indications, intérêts, réalisations, complications. La collection de la SFAR, Elsevier 2003, p 63-81
  • SITE INTERNET

ANALGESIE LOCO-REGIONALE POSTOPERATOIRE (ANALGESIE PAR INFILTRATION ET INTRA-ARTICULAIRE ) (module 7)

  • CONNAITRE :
    • La place de ces techniques dans la stratégie de l’analgésie postopératoire
    • Les modalités de mise en place et de surveillance per et postopératoire
    • Les éléments permettant de discuter la balance bénéfices-risques avec le patient
  • LES REFERENCES DE BASE :
  • SITE INTERNET

ADJUVANTS (module 8)

  • CONNAITRE :
    • Les principes et les objectifs recherchés de l’utilisation des adjuvants
    • Savoir discuter le rapport bénéfices-risques
  • LES REFERENCES DE BASE :

COMPLICATIONS DES ALR (module 8)

  • CONNAITRE :
    • Les données épidémiologiques
    • La typologie et les facteurs de risque de survenue
    • Les modalités de prise en charge en urgence et à distance
  • LES REFERENCES DE BASE :
    • Auroy Y, Ausset S. Complications associées à la rachianesthésie. In Rachianesthésie, Samii K & Gentili M, Mason Ed. Paris 2003, pp 59-88
    • Malinovsky JM. Neurotoxicité locale des agents anesthésiques administrés par voie intrathécale. In Rachianesthésie, Samii K & Gentili M, Mason Ed. Paris 2003, pp 105-30Brown DL. Spinal, epidural and caudal anesthesia. In Anesthesia, RD Miller, Elsevier Ed, 6th edition, pp 1653-83
    • Finucane BT. Complications of regional anesthesia. Churchill Livingstone 1999
  • POUR EN SAVOIR PLUS :
    • Auroy Y, Narchi P, Messiah A, Litt L, Rouvier B, Samii K. Serious complications related to regional anesthesia: results of a prospective survey in France. Anesthesiology. 1997; 87 : 479-86.
    • Auroy Y, Benhamou D, Bargues L, Ecoffey C, Falissard B, Mercier FJ, Bouaziz H, Samii K. Major complications of regional anesthesia in France: The SOS Regional Anesthesia Hotline Service.Anesthesiology. 2002 ; 97: 1274-80.
  • SITE INTERNET :

Validation pratique :

Carnet de stage avec liste de blocs :

  • 50 blocs : rachianesthésies + anesthésies péridurales,
  • 50 blocs : blocs périphériques membres supérieurs et inférieurs

Sites internet complémentaires :

Assemblée Générale Ordinaire du 6 juin 2008

Compte rendu de l’Assemblée Générale Ordinaire

L’Assemblée est déclarée ouverte à 18 heures dans l’enceinte du MAPAR.

Etaient présents 10 membres de l’Association.

Etaient représentés par procuration 8 membres de l’Association.

JLH expose les réalisations de l’année écoulée avril 2007 -mai 2008 :

  • Dix missions d’enseignement de 15 jours de un ou deux missionnaires, cette dernière formule étant retenus pour les missions à venir,
  • Apports et mise en main des matériels d’anesthésie avec la collaboration de bio techniciens incorporés dans nos missions,
  • Prise en charge de 4 hôpitaux publics de Phnom Penh pour la formation et le renouvellement et la maintenance des matériels,
  • Création de séminaires d’enseignement de l’ALR sur la base de 4 missions annuelles, la première étant en cours de réalistion. Cet enseignement s’étalera sur deux années consécutives en partenariat avec la SCARMU (Société Cambodgienne des Anesthésistes Réanimateurs et Médecins Urgentistes) et la collaboration de la Coopération Technique Médicale Française.
  • En 2009 et 2010 notre effort portera essentiellement sur la formation aux techniques ALR et secondairement sur la création d’un atelier et la formation de techniciens médicaux pour la maintenance des matériels.

    Un projet de répartition des missions à venir met en relief le souhait des missionnaires présents d’y renouveler leur participation. Cependant il ne faut pas perdre de vue que cette Association n’est pas un « club privé » et doit s’ouvrir aux nouveaux adhérents compétents en ALR désirant partager notre engagement.

    Des propositions d’extensions de notre activité en dehors du Cambodge nous ont été formulées mais nous ne sommes pas actuellement en mesure de les accepter sans certitudes d’accompagnement financiers.

    Une discussion s’engage sur le remboursement des frais de transports pour les « provinciaux » et JLH rapelle que notre engagement porte uniquement sur la prise en charge des vols et des frais de séjour à l’étranger. Si des exceptions peuvent être faites pour certains cas limités financièrement, soient remerciés ceux qui ont pensé à participer aux frais des missions ou/et à faire un donation à l’Association…

    Le quitus finacier accordé, la séance est levée à 19h15

    Le président Le secrétaire Le trésorier
    Jacques Le Houelleur Nicole Le Roux Bertrand Fabre